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La nature offre la matière, la main de l’homme en fait un chef d’œuvre…
A Biesles, la coutellerie d’art de grande tradition demeure vivace grâce à la ténacité d’artisans comme Daniel Margaux. Ils ont moins à craindre des sous-marques d’acier au rabais usinées à la chaîne pour quatre sous que de l’ignorance de leurs proches contemporains. La qualité ça se mérite et c’est un art de vivre.
L’odeur d’abord. Un savant mélange de parfums musqués à base d’essences rares : amourette, palissandre, genévrier. Comme si les terres de l’autre côté des mers du sud exhalaient dans l’atelier ce qu’elles ont de meilleur, de plus secret. Des matières vivantes encore : bois de cerf, corne de buffle etc.
Les bruits ensuite. Dans le fond renvoyé par les carreaux de la fenêtre, le tintement dans les aigus du marteau sur la lame. Prise dans l’étau, elle se plie et épouse la forme.
Jacques MONGIN : Une tradition familiale

Lorsqu’il crée son atelier de coutellerie d’art, en 1956 à Biesles, Jacques Mongin n’est pas exactement un débutant : il tenait déjà beaucoup de son père, Germain, coutelier réputé. Observer les meilleurs, c’est sûr, ça aide bigrement à gagner du temps pour qui veut progresser dans l’art qu’il a choisi. Et quand un des meilleurs est à la maison…
Bon sang ne ment pas : Jacques reprend des modèles de son formateur, puis crée les siens, s’inspirant d’une maxime qui deviendra la devise de sa maison : « la nature offre la matière, la main de l’œuvre en fait un chef-d’œuvre ». Dans ce registre, ses mains, à lui, ne chômèrent pas. Jacques Mongin est en retraite. Son gendre, Daniel Margaux, a repris les rênes de la maison. Il faut dire qu’il la connaissait : il y travaille depuis presque trente ans. Les modèles de chez Mongin sont devenus des classiques reconnus par les collectionneurs du monde entier.
Une commande vient de partir pour le Japon, une autre pour les Etats-Unis. Les pièces, incontournables, sont citées dans la presse spécialisée. Les couteaux pliants Mongin illustrent les livres et autres encyclopédies qui servent de référence aux collectionneurs. Daniel Margaux a surtout choisi d’innover dans la recherche de nouvelles matières nobles (bois précieux, dents de cacochymes, etc.) L’entreprise emploie au total neuf personnes. Aujourd’hui les couteaux Mongin sont sur Internet.
Des œuvres d’art nées de l’artisanat
Corne blonde, bois de cerf, corne de buffle, bois d’amourette ou de palissandre, écaille de tortue, les matières les plus nobles offertes par la nature se marient à l’acier sous la main experte d l’artisan. Un couteau signé Mongin, c’est d’abord l’histoire d’une rencontre.
Alliance entre des matériaux rares, sélectionnés pour leur qualité unique. Union du beau et de l’utile pour donner naissance à un objet personnel entre tous, prolongement emblématique de l’homme et de ses passions. Fusion d’un savoir-faire ancestral et d’une tradition née au cœur du bassin de Nogent, l’un des hauts lieux de la coutellerie française. Des gestes précis transmis pour l’amour de l’art et récompensés par le titre de Meilleur Ouvrier de France en 1965 pour Jacques Mongin. Façonnés à la main depuis toujours, les couteaux Mongin symbolisent une qualité française inégalée. Les compagnons de cœur et d’ouvrage de Jacques Mongin perpétuent d’un œil sûr et d’une main précise le rituel sous le regard du maître.
Les matières utilisées
Corne blonde : unie ou à veinage sombre apparent, elle est soigneusement triée, taillée puis polie. Le manche est réalisé dans la pointe d’une corne de bovin d’Afrique.
Bois de cerf : il provient d’Inde où les cerfs possèdent des bois au cœur non poreux et de grain très fin.
Corne de buffle : d’un noir profond, la corne utilisée par les ateliers Mongin est issue de buffles d’eau d’Indochine.
Bois d’amourette : cette essence très recherchée est difficile à travailler. La particularité du bois d’amourette est la présence de « mouches » ce qui rend son aspect unique.
Palissandre : ce bois exotique de couleur brune nuancée de noir aux veinages superbes provient du Honduras. Son utilisation est traditionnelle dans la coutellerie.
Ecaille de tortue : matière d’une grande noblesse aux reflets flamboyants, l’écaille de tortue est un produit rare et seul un polissage parfait lui donne sa beauté irrésistible.
Lames : lames et accessoires métalliques sont entièrement fabriqués à la main dans les meilleurs aciers. Un soin tout particulier est apporté à l’émouture, garantissant ainsi les meilleures qualités du tranchant.
Acier Inox : sa finition « poli-miroir » est obtenue par étapes successives, en utilisant des abrasifs de plus en plus fins et en « croisant les traits » c'est-à-dire en polissant sous des angles différents.
Collection prestige
Le damas
Née dans la capitale de la Syrie, la technique damas garantit à une lame à la fois dureté pour le tranchant et souplesse pour la résistance. En forgeant un acier très dur et un acier plus élastique dans une même épaisseur de lame, on allie leurs qualités complémentaires sur le principe du multicouches. Voilà pourquoi de fines arabesques de couleurs différentes s’entrelacent à la surface d’une lame Damas. Un bijou précieux qui figure à la place d’honneur dans toute collection digne de ce nom.
Le Diderot
Le philosophe et chef de file de « l’Encyclopédie » est originaire de Langres. Mieux encore, son père était coutelier à une période où la coutellerie langroise écrivait elle aussi une des pages les plus brillantes de son histoire. Deux bonnes raisons pour Jacques Mongin de rendre hommage à Diderot avec une réplique fidèle d’une pièce du XVIIIème siècle exposée au Musée du Breuil de Langres.
Typique du style langrois dans sa forme comme dans son montage, le Diderot possède une lame évidée sur ses deux faces. Le ress
ort aminci aux deux tiers de sa longueur lui donne un galbe tout particulier, souligné encore par des cotes en écaille de tortue finement polies, mises en valeur par les mitres et les rivets finement gravés. Comme tous les modèles signés Mongin, le Diderot est entièrement réalisé et assemblé à la main (29 pièces) et sa lame est numérotée. Prestige oblige !
Jean-Guy, l‘amitié forgée main
Rare comme l’amitié, la vraie, le couteau Jean-Guy a été créé spécialement par Jacques Mongin pour quelques amis chasseurs. Ses qualités professionnelles l’ont vite rendu indispensable et célèbre à la fois… Le couteau Jean-Guy est aujourd’hui réalisé pour le plus grand plaisir de ceux qui font de la chasse un grand art. L’intuition de l’utile, le sens du beau, Mongin les réinvente chaque jour.
Le savoir-faire de cette entreprise est dévoilé à travers un film visible au musée de l’Espace Pelletier, retraçant la fabrication d'un couteau et réalisé par la section vidéo attachée à l’Encyclopédie Vivante du Bassin Nogentais, .
Jacques MONGIN Coutellerie d'art
48, Route de Chaumont BP 5 52340 BIESLES
Tél.: 03 25 31 94 45 Fax: 03 25 31 84 10
www.mongin.fr
MONGIN.JACQUES@wanadoo.fr
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